Futile donc utile

vendredi, 25 novembre 2011

Je vois rouge

et c'est reparti pour un tour, l'hiver, le froid, Noël et ces foutus cadeaux qu'il faut trouver ( de préférence un samedi après-midi dans les grands magasins blindés) et offrir à des gens qui ont déjà tout ... le calvaire ...
On rentre pile dans la période que je déteste : Décembre - Janvier

Décembre et cette insupportable course au cadeau. Cette obligation d'être neuneu heureux, cette avalanche de bons sentiments dégoulinants et de joyeuseté bien pensante ... Au secours ...

Pire après décembre, vient janvier ( et j'ai beau regarder le calendrier tous les ans, c'est inéluctable) et le nouvel an. Et là déjà c'est la SMSmania qui se profile - Minuit, les SMS défilent , toujours les mêmes tous les ans , d'ailleurs les gens les sauvegardent c'est plus pratique. On envoie ses vœux comme on enverrait son chèque aux impôts ... dans une totale indifférence.
Après les SMS il y a bien sur la corvée des cartes de vœux écrites et personnalisées ( ceux qui bossent savent de quoi je parle ...) et là c'est partie pour plus de 150 cartes à envoyer et qui soyons en sur, termineront à la poubelle sans même avoir été ouvertes.
Mais ce n'est pas pour autant la fin du supplice, car il y a bien entendu les voeux aux collègues.
Un mois complet de "bonne année, bonne santé, meilleurs vœux, et qu'est-ce que je te souhaite ..." autour de la machine à café. Et gare à celui ou celle qui oublierait de souhaiter la bonne année à un seul de ses 372 collègues ...
N'oublions pas bien entendu les éternelles bonnes résolutions, toujours les mêmes années après années ( ouais comme pr les SMS) et qui ne sont jamais tenues ... Je passe sur le calendrier chaton du Postier / Éboueur / Pompier , qu'on nous oblige presque à acheter

Bref un super programme en perspective.

Seules consolations :
- Il vont repasser tous les Sissi à la télé et mon côté fleur bleue kitch va pouvoir s'épancher à satiété
- Et puis la futile matérialiste capitaliste que je suis va pouvoir s'en donner à cœur joie avec le retour des soldes. Soldes qui pour certaines ont commencé dès cette semaine.

Et pour moi elles ont très bien commencé.

Mes 5 nouvelles petites merveilles

- Classiques, Chocolat, facilement portables

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- Un poulain zèbré

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- Très sexy et très inconfortables

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- L'incontournable touche léopard , très amusante.

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- VER-TI-GI-NEUSES

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GOD SAVE MY SHOES :-)

dimanche, 13 novembre 2011

Une journée à Deauville

Ça nous a pris Samedi. L'envie de quitter Paris, de prendre l'air et ... de manger un bon homard.

Un samedi sous le ciel bleu de Deauville on a ...

... croisé un homard bleu

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... qui a rougi de plaisir

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... marché sur une plage dorée

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... vu un oiseau bleu

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... croisé des jumeaux

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... admiré la ligne d'horizon

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C'était une journée ensoleillée à Deauville.

dimanche, 6 novembre 2011

Tannhauser

Lors du long et salutaire week-end de 4 jours du 1er novembre, je suis allée voir Tannhauser à l'opéra Bastille.

Tannhauser superbe opéra de Wagner connu pour sa magnifique ouverture. J'ai été bercée toute mon enfance sur cette musique, l'une des préférées de ma mère. Donc Tannhauser je connais bien, tout comme le Roi Arthur de Purcell ( l'autre opéra favori de ma mère).

J'ai donc sauté sur l'occasion et pris de super places, parterre, 5eme rang, plein centre.

C'était parti pour 4H30 d'opéra ... ma mère m'accompagnait je crois que mon chéri se serait jeté du haut de Bastille avant même la fin du premier acte.

Je m'attendais à une mise en scène grandiose et contemporaine de Robert Carsen, mais voilà il a préféré le terrorisme de la modernité.

Terrorisme, oui car il est aujourd'hui du plus mauvais effet de clamer haut et fort qu'on aime une pièce de Molière en costumes d'époque ou qu'on aimerait voir un Tannhauser tel qu'il devrait l'être et que son auteur, Wagner , l'avait voulu.
Ah non, il ne faut surtout pas dire cela sous peine de passer pour un rétrograde, un has been voir pire un traditionaliste que l'on qualifierait presque de fasciste.

Gloire donc à la modernité moderne et qui dit modernité dit forcément provocation et qui dit provocation dit nudité et sexualité débridée. Il est donc moderne et au combien original n'est-ce pas de mettre du nu partout même là où il n' a pas lieu d'être. Tiens ça me rappelle que dans la pub aussi on met partout des femmes à poil pour vendre du chocolat, de l'eau minéral, du gel douche, des andouillettes ...

Alors déjà soyons moderne et changeons donc l'histoire ( c'est vrai quoi, Wagner n'avait qu'à mieux l'écrire ...) D'une histoire de troubadour au moyen-âge, ou un homme est déchiré entre les cultes païens et la chrétienté représentés par 2 femmes : Vénus et Elisabeth, Robert Carsen a préféré la métaphore simpliste de l'artiste en mal d'inspiration. Adieu chevalerie, adieu à l'histoire d'amour passionnée, adieu au dilemme religieux et au rejet que celui ci peut engendrer dans la société ( ce thème me semblait pourtant plus que moderne ...enfin ), notre Tannhauser de chanteur devient peintre, sa Venus est sa muse, qu'il n'arrive pas à peindre comme il le voudrait ou qui lui inspire une peinture apparemment sulfureuse et scandaleuse. Son dilemme à lui ce Tannhauser des temps modernes ??? Que sa peinture soit reconnue de tous et que ses tableaux se retrouvent au musée ...

Allons y alors.

ACTE 1 : il fait noir, la majestueuse ouverture de Wagner retentie, j'en ai des frissons, je vous jure c'est tellement beau que j'en ai la chaire de poule. Et puis vient la lumière. Au centre de la scène Tannhauser et soudainement derrière lui apparait Venus, nue. Quand je dis nue, je veux bien dire totalement nue. La mezzo soprano Sophie Koch nous apparait là dans son plus simple appareil. Elle se dirige alors vers un matelas sur lequel elle prend des poses lascives pendant que Tannhauser dans une gestuelle dramatisée à l’extrême ( pour ne pas dire ridicule) tente de la dessiner puis de la peindre sur une toile que nous ne verrons jamais de face et qui accompagnera tout l'opéra du début à la fin.
Puis rentre en scène des hommes, comme autant d'images de Tannhauser, ils apportent des dizaines et des dizaines de toiles sur scène . Ils se jettent sur Venus ( toujours nue, la pauvre va finir par attraper froid), la caressent et puis tout d'un coup, eux aussi se déshabillent. Et là, je voudrais souligner une inégalité de traitement entre ces messieurs et la jeune femme qui était sur scène. Alors que celle-ci je le rappelle encore était totalement nue, eux ont eu le droit de garder leur caleçon.
Une fois déshabillés, on arrive à une scène d'orgie, ou tout le monde se jette au sol, s'asperge de peinture rouge, posent ses mains ainsi peinturlurées sur Venus dont ils recouvrent le corps de peinture et vas y que tout le monde se touche, se tord par terre comme un lombric ...
Vous voyez le tableau. Bon à la fin Venus fini par pudiquement couvrir son corps d'un drap blanc qu'elle va ensuite balader sur toute la scène qui rappelons le, est couverte de peinture rouge ( c'est tjs ça de gagner pour les malheureux qui vont devoir nettoyer la scène)

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Fin de l'acte 1 , Venus et Tannhauser s'engueulent. Le corps nu de Venus n'a plus l'air de l'inspirer des masses donc Venus pique sa crise de nerfs et Tannhauser se casse. Tannhauser a l'air bourré, il ne l'est pas (c'est ça le drame). Il se raccroche à sa toile et a l'air super malheureux quand il croise une bande de mecs, d'autres artistes comme lui qu'il a connu il y a longtemps. Ces derniers lui parle d’Élisabeth ( son ex avant qu'il aille roucouler avec Venus). Ils veulent le ramener à elle. Tout le monde part donc retrouver Élisabeth

Baissé de rideau. Les allemands juste derrière moi sont scandalisés. Je peux les comprendre. On a connu mise en scène plus inspirée.

L'entracte est long très long. Tu m'étonnes ! il doit en falloir du temps pour que tout ce petit monde passe sous la douche et qu'on enlève de la scène les kilos de peinture rouge qui y ont été déversés.

ACTE 2 : Élisabeth débarque non pas sur scène mais dans la salle, juste à côté de moi en fait. Bon vu comme ça je comprends pourquoi Tannhauser l'a quitté pour aller roucouler avec la nudiste de l'acte 1. Passons ... Donc Élisabeth débarque, monte enfin sur scène , scène dont le décor est celui d'un musée, on y retrouve des tableaux de Matisse, de Renoir ... c'est une soirée de vernissage et dame Élisabeth a tout l'air d'être la conservatrice du musée. Les invités au vernissage débarque, le champagne coule à flots, les journalistes sont là et les appareils photo flashent de partout. Arrive Tannhauser et sa bande de joyeux lurons. Élisabeth et Tannhauser n'ont pas l'air si heureux que ça de se retrouver après toutes ces années de séparation. Tous montrent un par un leur toile, et la foule s’extasie. Arrive le tour de Tannhauser et là c'est le drame .... les gens crient au scandale et à l'horreur. Blessé Tannhauser fini par se casser, il dit qu'il ira faire un pèlerinage artistique à Rome.

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ACTE 3 : Retour au studio d'artiste de l'Acte 1. Un des amis de Tannhauser, Wolfram, le recherche, de même qu’Élisabeth qui se roule sur le matelas ( à l'acte 1 s'était Venus qui se roulait là). Élisabeth commence à se déshabiller, bon là je prends peur parce que Élisabeth n'a pas le même physique que Venus. Mais heureusement Élisabeth va garder sa nuisette. Ouf ... Bon je vous passe les détails métaphysiques, mais Tannhauser s'en revient de Rome, il n'a finalement pas trouvé là bas l'inspiration qu'il cherchait. Puis il voit Elisabeth et à son image se superpose celle de Venus. Tout d'un coup il a devant ses yeux l'image réunie de ses deux muses, il peint, il peint .... puis le décors se lève à nouveau sur le musée et là Tannhauser est reconnu par ses pairs et sa toile est triomphalement et symboliquement accrochée sur les murs du musée à côté de Matisse , Renoir et les autres ...

Tout est bien qui fini bien HAPPY END MY FRIENDS ... rappelons au passage que dans l'histoire originale, Élisabeth meurt en l'absence de Tannhauser parti rejoindre Venus et qu'elle meurt en lui offrant le pardon chrétien, c'est ainsi qu'à la fin Tannhauser trouve sa rédemption dans le pardon que lui a offert celle qui l'a toujours aimé et à son tour Tannhauser meurt et accompagne ainsi Élisabeth dans l'autre monde.
Mais bon on en est plus à une modification prêt de l’œuvre originale n'est-ce pas ?

Donc au final j'ai adoré la musique, c'est un chef d’œuvre et quiconque aime la musique ne peut qu'aimer ce merveilleux opéra et sa grandiose ouverture.

La mise en scène par contre était décevante à mon goût, mais je dois être l'une des rares à le penser car l'opéra a reçu un triomphe.
Je n'ai pas ressenti l'émotion ni les sentiments d’Élisabeth pour Tannhauser. Je n'ai pas senti le déchirement qui étreint Tannhauser incapable de choisir entre les anciens cultes païens et la religion chrétienne. Et surtout cette happy end débile au possible m'a énervée.

Bon en tout cas moi depuis cette soirée, j'ai très envie de me barbouiller avec de la peinture ça a l'air super rigolo et ils avaient l'air de s'éclater les mecs sur scène.

Trop salissant pour mon petit appart et trop conceptuel, zhom me ferait enfermer dans un hôpital psychiatrique ,-)

La Source

La semaine dernière j'ai profité du long week-end qui nous était accordé pour aller voir le tout nouveau ballet de l'opéra de Paris : La Source.

Chorégraphié par Jean-Marc Bart, ancienne étoile, sur une musique de Leo Delibes et Ludwig Minkus avec des décors d'Eric Ruf et des costumes dessinés par Christian Lacroix, ce ballet était l'évènement de la saison à l'Opéra.

Alors c'était comment ?

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Déjà j'ai pris les places pour ce ballet un peu par hasard, je devais deux jours avant aller voir Tannhauser à Bastille ( je vous en reparlerai) et je me suis dit allons-y ce week-end pour le Combo gagnant : Opéra + Ballet

J'ai eu la chance de trouver des places idéalement situées : 1er balcon , plein centre. Juste ce qu'il faut pour apprécier la chorégraphie dans son ensemble.

Voir des ballets à l'opéra Garnier, j'y vais très régulièrement. Cela fait partie des petits plaisirs de la vie parisienne. C'est toujours un émerveillement pour moi que d'entrer dans cet endroit magnifique qu'est Garnier.

Mais je dois dire que cela faisait très longtemps qu'un ballet ne m'avait fait une telle impression.

C'était sublime, un pur moment de beauté. Que dire et par où commencer ?

C'est un ballet Orientaliste, dans la lignée de la Bayadère. L'histoire est relativement simple mais belle.

Première partie :
Une jeune fille est emmenée par son frère et son peuple, la caucasiens, pour un mariage de convenance avec le Khan ( une sorte de Sultan on va dire). Pour se rendre au palais du Khan ils traversent une forêt enchantée peuplée d'êtres féériques qui obéissent à l'esprit de la Source. Un jeune chasseur passant par là , voit la jeune fille et en tombe aussitôt amoureux. Battu par le frère de cette dernière, il pactise avec la jolie Source pour reconquérir celle qu'il aime et se venger du frère.

Deuxième partie :
Au palais du Khan, ce dernier accueille sa jeune promise qui viendra rejoindre son harem. Une grande fête est donnée. Soudain l'esprit de la Source, belle comme le jour apparait et le Khan se détourne de sa fiancée pour ne plus voir que la beauté de la Source. Humilié, le frère quitte le palais ramenant sa soeur avec lui. En repassant par la forêt enchantée, la troupe s'arrête, le jeune chasseur retrouve son amoureuse, mais le frère tente de le tuer quand tout le monde se retrouve figé par l'esprit de la source. Tout le monde sauf le jeune chasseur qui enlève la jeune fille. Celle-ci ne se réveille pas, la Source montre alors une fleur au chasseur. Si il met la fleur sur celle qu'il aime celle-ci se réveillera, mais la Source elle mourra. La Source avoue alors son amour au chasseur, mais celui-ci reste amoureux de la jeune fille, il la réveille et la Source meurt.

Voilà pour l'histoire... On a connu plus joyeux je vous l'accorde.

Et pour ce qui est de la chorégraphie, c'était magique. Ciel que ça fait du bien de voir autre chose que du Noureev ( j'aime beaucoup le travail de Noureev sur la Bayadère, par contre je déteste sa vision du Lac des Cygnes ).

Chorégraphie magnifique, surtout pour les garçons. Il y a également beaucoup de portés très originaux. C'est effectivement du ballet dit "classique" mais il y a beaucoup de modernité dans les mouvements et dans les ensembles.

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En ce lundi soir, Karl Paquette, qui ne tenait pas le premier rôle mais celui d'un esprit de la forêt était au sommet de son art, il a été véritablement ovationné et à juste titre.

Les décors étaient simples mais tombaient juste, réalisés entièrement en guindes, c'était superbe.

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Et je finirai pas les costumes, ces œuvres d'art qui ont fait brillé l'opéra de mille feux.
Dessinés par Christian Lacroix, les 130 Costumes étaient ornés par pas moins de 2 Millions de cristaux de Swarovski. Magique c'était si beau.
Les costumes des esprits de la forêt me rappelaient par leurs couleurs; la toile de Chagall ornant le plafond de Garnier.

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Ce spectacle était vraiment grandiose, il va sans aucun doute devenir un des classiques du répertoire de l'Opéra. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas à ce point aimé un ballet.

A voir absolument vous ne serez pas déçus.

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mercredi, 19 octobre 2011

Testé pour vous : Alain Ducasse au Plaza Athénée

Une douce folie, mais une folie quand même.

Un restaurant parait-il unique aux prix astronomiques dans un somptueux et renommé palace parisien.

Mais 5 ans de mariage, ça se fête, alors pourquoi pas ?

Alain Ducasse au Plaza Athénée,
Hôtel Place Athénée
Avenue Montaigne
75008 Paris

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Fêter notre anniversaire de mariage au Plaza Athénée ne fut pas une décision prise à la légère.
Déjà parce que les prix pratiqués y sont tellement indécents, même pour un trois étoiles, qu'il faut déjà se préparer psychologiquement à une addition à 4 chiffres pour deux.
Parce que le chef à la renommée internationale tient tellement plus du grand chef d'entreprise que du chef cuisto derrière ses fourneaux, que l'on a un peu peur d'une gigantesque arnaque.
Parce que l'intitulé des plats est tellement sobre et minimaliste qu'on ne sait finalement pas vraiment ce que l'on va manger.

Toutes ces raisons n'ont pourtant pas suffi à nous décourager. Il fallait que je goûte, que je m'attable en ce lieu au moins une fois dans ma vie.

C'est chose faite. Alors Ducasse au plaza cela donne quoi.

Déjà, je dois dire que j'aime beaucoup le bar du plaza, et le plaza en général, le service y est agréable et la terrasse avenue Montaigne est toute mimi. C'est plutôt la clientèle très bruyante, très mal élevée et très m'as tu vu qui fait fuir surtout le week end où le lieu devient infréquentable.

Pour l'occasion j'avais été chez mon coiffeur pour me faire faire un joli brushing et je m'étais achetée une jolie robe chez Paul Ka histoire de me faire belle pr mon homme.

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En arrivant sur place, nous avons été immédiatement pris en charge. La salle est grande, joliment et sobrement décorée. Les fameux paravents "haute-couture" sont splendides et j'étais comme hypnotisée par la beauté des lustres.

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Pour ce qui est des fameux fauteuils je peux confirmer que malgré un design douteux ils sont très confortables avec en plus un tabouret à sac intégré vu qu'il suffit juste de tirer une petite tablette incorporée dans le fauteuil.

Pour commencer on nous emmène sur un chariot un choix de champagne pour l'apéritif. J'ai pris un Lanson Extra age Rosé ... une tuerie et pourtant je ne suis pas très champagne. On nous propose également immédiatement de l'eau. Ca va très vite, on est entouré par une bonne quinzaine de personnes qui vont et viennent dans la salle dans un ballet parfait. Mais tout ce monde qui s'affaire cela donne un peu le tournis.

Première amuse bouche pendant que nous regardons le menu, deux petites tranches de pain surmontées de lard , enfermées dans un papier de charcuterie, plutôt rigolo comme idée. Bon ben c'est du pain avec du lard, très bon le lard, mais on va pas non plus dire que c'est un truc exceptionnel.

Bref le menu donc, j'hésite : a la carte ? le menu ? La carte ? le menu ? C'est tellement succinct qu'on a du mal à choisir. Le maître d'hôtel arrive à la rescousse et nous explique un à un tous les plats. Mais ce qu'il y a dans le menu dégustation est super tentant alors nous optons pr le menu.

Arrive ensuite le sommelier. Et là moi je dis "chapeau" vraiment ça fait super plaisir de voir et de discuter avec un vrai sommelier, un mec enthousiaste, passionné, passionnant, quelqu'un qui comprend tout de suite et qui est là pour vous aider. Ca m'a tellement manqué à l'Auberge de L'Ill et à la Chiberta. Mais ici, le sommelier est un pro. Et c'était pourtant pas facile. Il nous demande le vin que nous souhaitons, je dis rouge, chéri dit blanc. Ca commence bien. Puis chéri dit "une grande bouteille de rouge" et je dis" 1/2 de blanc et 1/2 de rouge" ... on piétine. Voyant que nous n'étions pas en mesure de tomber d'accord il nous a alors suggéré de commencer le repas au champagne, de continuer sur un verre de Riesling et puis de prendre 1/2 bouteille de Rouge .... Excellente idée, nous l'avons laissé choisir.

Et voilà ce que cela a donné :
- Un verre de champagne Duval-Leroy 2002, clos des bouveries Blanc de blancs.
- Un verre de Riesling Grand Cru Muenchberg 2000, Domaine Ostertag ( le meilleur Riesling que j'ai jamais bu mais pour le coup ne demandez surtout pas le prix du verre, il faut juste profiter du moment et déguster cette merveille)
- 1/2 bouteille de Cote Rotie 2009 - Colline de Couzon, Domaine de Bonnefond

Et si je peux écrire avec précision les vins que nous avons bu, c'est que le sommelier a eu la gentillesse de tout m'écrire sur une carte, car j'ai tellement adoré les vins que je compte bien retrouver cet incroyable Riesling.

Mais venons en au repas.

On commence déjà par une petite surprise , une poêle remplie de petites crevettes décortiquées toutes simples avec également les têtes de crevettes. Tout ce mange nous précise t'on. On est déboussolé par la simplicité du plat et de la présentation ; une poêle , des crevettes dedans, une gousse d'ail. Point barre. Je me dis bof, je peux faire la même chose chez moi. Erreur.
J'ai compris l'intérêt de la chose en avalant ma première crevette. La question qui se pose c'est : bon sang mais dans quoi a t'il bien pu faire revenir ces foutues crevettes pour qu'elles soient aussi délicieuses ? Nous n'avons pas trouvé la réponse, mais c'était hyper bon et finalement pas aussi simple que cela en avait l'air.

On a continué sur l'entrée : Langoustine Rafraichie, caviar. C'est très joliment présenté, il y a vraiment la dose de caviar pour le coup, et ma foi c'est bon. Maintenant ce n'est pas d'une originalité époustouflante. Ce n'est pas très intéressant.

On continue avec : Légumes et Fruits. ( oui c'est bien l'intitulé du plat)
L'assiette est magnifique, colorée, un mélanges de légumes ( carottes, navets ...) et de fruits ( raisin, coing ..;). Ils brillent dans l'assiette comme si ils étaient laqués. Ils sont cuits un peu comme dans un couscous. Ce plat, pour moi c'est THE plat de la soirée. Ca m'a scotché. C'était une assiette parfaite, l'assaisonnement, la présentation, le mélange des saveurs, un goût incroyable, c'était MA-GNI-FI-QUE ce plat à lui tout seul valait le déplacement et pourtant à première vue nous ne pensions pas que cela allait à ce point nous étonner.

Résultat après un tel plat, le cookpot Homard Pomme de terre , bien que délicieux m'a moins enthousiasmé. C'était moins original. Mais très bon encore une fois.

Vient ensuite la Poularde rôtie, Cèpes ... je ne sais pas trop quoi dire de ce plat. Cèpes délicieuses, mais poularde un peu sèche à mon goût, j'ai surtout craint le jus de cuisson qu'ils nous ont rajouté car je l'ai trouvé légèrement écœurant. Mais là il s'agit plus d'un goût personnel qu'autre chose. Très joli plat, copieux.

On enchaîne sur le fromage. J'ai été très déçue par le plateau de fromage. Peu de choix, et du classique. J'aime dans un grand restaurant la possibilité de goûter de nouveaux fromages que je ne connais pas mais là c'était vraiment du vu vu et re re vu. Sans grand intérêt. Bon mais qui dit fromage dit pain et le pain lui est tout bonnement exceptionnel, cela faisait longtemps que je n'avais pas manger un aussi bon pain.

Pour le dessert je n'ai pas pris "le baba au rhum comme à Monte Carlo" , le plus célèbre des desserts, un référence Ducasse ... oui mais je n'avais pas envie d'alcool, j'ai donc choisi le "Chocolat café brioche". Alors très très bon, surtout que le chocolat surplombe un granité rafraichissant au café qui m'a rappelé Rome .. Mais n'ayant plus faim j'ai dû laisser les 3/4 du dessert.

J'ai terminé le repas par une infusion. C'est tout un cérémonial l'infusion au plaza. On vous amène un chariot remplit de pots d'herbes et là vous choisissez. Thym Citron, Menthe, Verveine, Tilleuil ... on coupe les feuilles choisies et ensuite on mélange le tout. Du spectacle et à l'arrivée il est vrai que ma verveine-menthe était nickel.

Nous fûmes les derniers à quitter la salle avec mon homme après avoir réglé une très copieuse addition et emporté un petit souvenir : un petit sac de sel de guérande ... Euh franchement ... je ne ferai pas de commentaire.

Alors cela en valait-il la peine.

1- Oui Ducasse au plaza c'est fabuleusement bon et beau
2- Oui le service est de classe international et vous serez traité comme une reine
3- Non aussi bon soit-il ce repas ne vaut pas l'addition à 4 chiffres réglée. Et pour cela je m’appuie sur une simple comparaison Meurice / Plaza. 2 Palaces , 2 Restaurants 3 étoiles, 2 services racés , 2 Cadres magnifiques, 2 repas exceptionnels mais avec un avantage au Meurice pour sa créativité et un repas qui reste encore dans nos mémoires tellement il était parfait. Et bien au Meurice c'était tout simplement 350 euros moins cher qu'au Plaza. Donc oui il y a de l'abus au Plaza.

Je suis venue, j'ai vu, est-ce que je reviendrai ? Pourquoi pas ... c'était excellent mais il me faudra faire quelques économies avant d'y retourner et il y a tellement d'autres restaurants à tester.

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